Aimer un vieux cheval… et repenser la place de la monte 🐴🌿

Publié le 14 janvier 2026 à 15:27

Avoir un vieux cheval marque souvent un tournant dans le parcours d’un cavalier.
Le temps ralentit, les habitudes changent, et la relation évolue. Ce n’est plus la progression, la technique ou la performance qui dominent, mais la présence, l’attention et le respect de ce que le cheval peut encore offrir.

Avec l’âge, le cheval n’est plus porté vers l’effort. Les séances montées s’espacent, puis disparaissent parfois complètement. Pourtant, le lien, lui, ne faiblit pas. Il se transforme. Les moments à pied prennent une place centrale : soins, promenades, observation au pré, simples instants partagés sans attente particulière.

Cette étape amène naturellement une réflexion plus large :
faut-il réellement monter à cheval pour être cavalier ?

 

 

 

La monte comme norme culturelle

 

Dans le monde équestre, monter à cheval est souvent considéré comme une évidence. L’apprentissage, la légitimité et l’expérience sont généralement mesurés en temps passé en selle. Cette vision laisse peu de place à d’autres formes de relation, pourtant tout aussi riches.

Lorsque le cheval vieillit, cette norme est remise en question. Ce qui compte alors n’est plus ce que le cheval permet de faire, mais ce qu’il est. La relation devient moins utilitaire, plus attentive au bien-être et au respect de ses capacités.

 

 

Une relation qui existe sans la selle

Un vieux cheval rappelle que le lien ne naît pas de la monte. Il naît de la confiance, du temps partagé, de la connaissance mutuelle. Marcher à ses côtés, l’accompagner dans son quotidien, adapter ses soins et ses activités deviennent des actes de relation à part entière.

 

« Avec mon vieux cheval Cheyenne, la monte s’est naturellement effacée. Être simplement à ses côtés

a pris plus de sens que n’importe quelle séance montée. »

 

Ce type de vécu, partagé par de nombreux cavaliers, montre que l’attachement au cheval ne disparaît pas lorsque la monte s’arrête. Au contraire, il s’approfondit souvent, débarrassé des attentes et des objectifs.

Continuer avec les chevaux, autrement

 

Repenser la place de la monte ne signifie pas rejeter l’équitation. Cela signifie reconnaître que la relation au cheval peut évoluer au fil du temps. Certains cavaliers continuent de monter avec d’autres chevaux, différemment. D’autres choisissent une relation à pied, plus discrète mais tout aussi engagée.

 

« Autour de moi, certains chevaux sont débourrés, d’autres en apprentissage. Pourtant, malgré cette continuité, l’envie de monter n’est plus une évidence. »

 

Ces choix ne devraient ni surprendre ni être jugés. Ils traduisent souvent une maturité relationnelle et une écoute plus fine du cheval comme individu.

Une réflexion nécessaire pour le monde équestre

Aimer un vieux cheval oblige à ralentir, à observer, à questionner des habitudes profondément ancrées. Il rappelle que le cheval n’est pas un moyen, mais un partenaire de vie.

Et peut-être qu’au fond, la question n’est pas de savoir s’il faut monter à cheval, mais de se demander pourquoi on le fait et si, à certains moments de la vie, être simplement présent n’est pas déjà suffisant.

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Commentaires

Rue Sabine
il y a un mois

Tout à fait d’accord avec toi 🐴💗